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Salaire d’indépendant : comment calculer son net

Frédéric Wauters Publié le 5 octobre 2022
calcul salaire indépendant

Impôts, cotisations sociales, dépenses déductibles… Pas toujours facile de calculer son salaire en tant qu’indépendant. Voici quelques pistes pour vous y retrouver… et éviter le piège de la régularisation des cotisations sociales. Vous réfléchissez à vous lancer comme indépendant et vous vous demandez ce que vous allez réellement gagner ? Répondre à cette question n’est pas facile, et vous aurez besoin d’un comptable pour y répondre avec précision. Voici la liste des différents éléments qui entrent en tout cas dans le calcul du salaire d’indépendant. Commençons par le cas le plus simple : celui où vous exercez votre activité en tant que personne physique.

Votre caisse n’est pas votre salaire

Une erreur souvent commise par les indépendants débutants est de confondre l’argent qui rentre dans votre caisse ou sur votre compte en banque avec votre salaire. À ce stade, il s’agit d’un revenu brut, TVA comprise. Or, vous devrez reverser la TVA perçue à l’État, en général tous les trimestres. Ce montant sera diminué de la TVA sur vos dépenses professionnelles, que vous pouvez récupérer en tout ou en partie, mais cela reste un montant que vous devez absolument mettre de côté. L’administration de la TVA se montre en effet très stricte sur les délais de paiement, et les amendes en cas de retard sont plutôt lourdes.

Histoire de vous faire une idée, si toutes vos ventes sont soumises au taux de TVA de 21 %, chaque tranche de 100 euros qui entre dans votre caisse représente une dette de 17,36 euros vis-à-vis de la TVA. Seuls 82,64 euros sont incontestablement à vous. Et encore…

En effet, la TVA n’est pas la seule dépense liée à votre activité.

Chiffre d’affaires : votre salaire brut ?

Ces 82,64 euros représentent donc votre chiffre d’affaires. Vous pourriez en quelque sorte le comparer à votre salaire brut, mais ce ne serait pas tout à fait exact.

En effet, pour exercer votre activité, vous devez consentir à une série de dépenses : le loyer de vos locaux professionnels, les achats de fournitures et de marchandises, l’hébergement de votre site web, votre facture de téléphone… C’est ce qu’on appelle les dépenses professionnelles. Sans elles, difficile, en effet, d’exercer votre activité.

Votre revenu brut « imposable », celui qui servira de base au calcul de vos impôts et de vos cotisations de sécurité sociale, et donc de votre revenu net, est la somme qui subsiste après avoir réglé toutes ces dépenses.

Attention toutefois, car toutes les dépenses professionnelles ne sont pas nécessairement professionnelles aux yeux du fisc. Ou en tout cas pas entièrement déductibles de votre revenu imposable.

Usage professionnel et dépenses non admises

Lorsque vous êtes indépendant en personne physique, le fisc considère que certaines dépenses ne sont pas entièrement professionnelles. Par exemple, vous utilisez aussi votre ordinateur et votre téléphone portable dans le cadre de votre vie privée. Il en va de même de votre voiture, si vous en avez une.

Pour le fisc, vous ne pourrez donc déduire ces dépenses qu’à concurrence de leur usage professionnel. Pour une voiture, cela veut dire que vous devez :

– soit consigner vos déplacements professionnels dans un registre, et calculer la part professionnelle de votre usage total

– soit faire appel au « forfait » qui considère que votre usage privé sera de 6 000 kilomètres.

– soit accepter que votre usage professionnel soit limité à 35 %, une option peu intéressante

Pour la voiture, cette distinction usage professionnel/usage privé se double d’une limite à la déductibilité qui dépendra des émissions de CO2 de votre véhicule.

En clair, si vous parcourez 24 000 kilomètres par an, que votre usage privé est de 6 000 km (soit 25 %) et que le pourcentage de déductibilité lié aux émissions de CO2 est de 80 %, la facture d’entretien de votre voiture sera déductible à concurrence de 80 % x 75 %, soit 60 %. Quant à la TVA, elle sera récupérable à concurrence de 50 % (l’administration de la TVA applique des règles différentes).

Parfois, le fisc impose lui-même le pourcentage de ce qu’il appelle une DNA, une dépense non admise. Ainsi, si vous invitez un client au restaurant pour un déjeuner d’affaires, vous ne pourrez déduire que 69 % de la note (et la TVA n’est pas récupérable).

Bref, le fisc réévaluera donc votre revenu imposable en fonction de la part de vos dépenses professionnelles qui ne sont pas déductibles. C’est ce montant qui servira alors de base au calcul de l’impôt des personnes physiques.

Et les cotisations sociales d’indépendant ?

Il reste une dépense professionnelle entièrement déductible dont nous n’avons pas encore parlé: les cotisations sociales d’indépendant. Celles-ci sont calculées sur votre revenu imposable, mais déductibles de celui-ci en tant que dépenses professionnelles avant le calcul de l’impôt.

En général, elles sont de :

  • 20,50 % sur la partie du revenu professionnel n’excédant pas 63 297,86 euros et sur un revenu minimum de 14 658,44 euros
  • 14,16 % sur la partie du revenu professionnel de l’année de cotisation qui dépasse 63 297,86 euros sans excéder 93 281,02 euros
  • 0 % au-delà de 93 281 euros

Mais attention, il y a un piège, qui peut s’avérer très onéreux. Comme il est impossible de déterminer en cours d’année ce que vous gagnerez cette année-là, l’INASTI calcule des cotisations provisoires. Ces cotisations sont calculées sur vos revenus d’il y a 3 ans. Dès que le fisc a communiqué vos revenus réels de l’année à votre caisse d’assurances sociales, celle-ci effectuera une « régularisation ». Elle comparera le montant de vos cotisations provisoires à celui que vous auriez dû payer. Selon votre revenu, vous récupérerez de l’argent ou devrez payer un supplément.

La bombe à retardement

Dans la plupart des cas, les revenus de votre activité croissent chaque année : il y a donc fort à parier que vos régularisations consisteront à payer un supplément de cotisations sociales. Si la croissance de vos revenus n’est pas trop élevée, vous serez certainement capable de l’absorber.

Mais il existe une exception : vos trois premières années en tant qu’indépendant.

Comme vous n’avez — logiquement — pas déclaré de revenus d’indépendant pour les années qui précèdent le début de votre activité, votre caisse d’assurances sociales va vous facturer des cotisations provisoires forfaitaires de 751,24 euros par trimestre ou 3 004,96 par an, le minimum légal pour les cotisations sociales. Ce montant correspond à un revenu imposable de 14 658,44 euros.

Autrement dit, si vous gagnez beaucoup plus que ce montant, vous risquez un sérieux retour de bâton 3 ans plus tard, au moment de la régularisation.

Supposons que vous ayez un revenu imposable de 30 000 euros la première année, de 40 000 euros la deuxième année et de 50 000 euros la troisième année. Cela correspond à des cotisations sociales de 6 150 euros, 8 200 euros et 10 250 euros.

Lors de la régularisation, votre caisse d’assurances sociales vous réclamera donc 3 145,04 euros de régularisation au début de votre 4e année d’activité, 5 195,04 euros la 5e année et 7 245,04 la 6e année. Tout cela en plus de vos cotisations sociales de l’année, qui seront-elles aussi majorées puisque calculées sur vos revenus réels des trois premières années. La 4e année, par exemple, vous devrez donc aussi payer des cotisations sociales de 1 537,5 euros par trimestre (un peu plus en fait, car le montant est indexé), soit le double de ce que vous acquittiez l’année précédente.

Et en société ?

Si vous choisissez d’exercer votre activité au travers d’une société, les principes restent grosso modo les mêmes, mais les différences sont substantielles :

  • Rémunération : l’entièreté de votre chiffre d’affaires, déduction faite des dépenses professionnelles, ne constitue plus nécessairement une rémunération. Votre société vous paie un montant brut qui peut être moins élevé. Avantage : l’impôt des sociétés est moins important que l’impôt des personnes physiques, et il est possible de faire sortir l’argent de votre société de manière avantageuse à une date ultérieure.
  •  Dépenses professionnelles : celles-ci seront assumées par la société, pas par vous. Dans certains cas, notamment la voiture de la société, le fisc imposera de comptabiliser un avantage de toute nature (ATN) forfaitaire pour tenir compte de l’usage privé de certaines dépenses.

Calcul du salaire d’indépendant, comment déterminer son net ?

Si vous souhaitez vous lancer et que vous voulez estimer correctement votre salaire net afin de mettre de côté l’argent nécessaire pour assumer impôt et cotisations sociales, le mieux est d’en discuter avec votre expert-comptable Amarris. Il pourra réaliser une simulation sur base de votre situation et vous aider à prendre les bonnes décisions.

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