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Voiture de société : prêt, leasing ou renting ? Comment financer son véhicule professionnel en 2026 

Marie-Laure Bouchet Publié le 23 novembre 2014 Modifié le 24 juin 2026
prêt leasing renting

Acheter une voiture de société, agrandir une flotte ou remplacer un véhicule en fin de vie : pour un indépendant ou une PME, c’est une décision à la fois opérationnelle et stratégique.  

Le mode de financement choisi (crédit, leasing financier ou renting) influence votre trésorerie, votre capacité d’emprunt, votre bilan et, depuis la réforme du verdissement fiscal, votre facture d’impôt. 

Pour démêler tout ça, prenons l’exemple de Cédric, jeune dirigeant qui a passé la nuit à se demander quelle option choisir. Voici les réponses de son comptable. 

« Leasing, renting, prêt… c’est quoi la différence entre ces différents financements ? » 

Vous avez le choix entre deux grandes options : l’achat ou la location.  

  1. Option de financement de véhicule professionnel par location 

Dans la location, on distingue deux grandes options : le leasing & le renting 

Tout part de la manière dont la loi traite ces opérations sur le plan comptable. 

Le principe de base d’un contrat de leasing est simple : la société de leasing achète le véhicule à la place de votre société, puis vous le loue pendant une durée convenue d’avance. À l’échéance, vous choisissez : 

  • Soit vous restituez le véhicule  
  • soit vous le gardez en payant une « option d’achat » dont le prix est fixé dès la signature du contrat. 

Mais attention, la loi distingue deux formes de leasing, dont le traitement comptable diffère 

  • Le leasing financier : sur le plan comptable, votre société est considérée comme propriétaire économique du véhicule. Le bien est inscrit à l’actif de votre bilan et amorti, tandis que le financement consenti par la société de leasing figure au passif comme une dette. 
  • Le leasing opérationnel, ou renting : la loi considère que le véhicule reste la propriété de la société de leasing. Il n’apparaît pas à votre bilan, pas plus que le financement sous-jacent. Vous comptabilisez simplement les loyers en charges. 

« Et ça change quoi pour moi, concrètement ? » 

Énormément. Comme aucune dette n’est inscrite à votre bilan dans le cas du renting, vous préservez intacte votre capacité d’emprunt. C’est un point décisif : lorsqu’une banque évalue si elle peut financer votre société, la première chose qu’elle examine, c’est le bilan, et notamment le niveau d’endettement déjà engagé. 

Le leasing financier, lui, alourdit le bilan exactement comme le ferait un crédit auto classique. 

« Où se situe la frontière entre les deux ? » 

Sur le pourcentage de l’option d’achat, calculé sur la valeur d’investissement du véhicule : 

  • Option d’achat inférieure ou égale à 15 % -> leasing financier : le véhicule est porté à l’actif du bilan et amorti, les intérêts passent en charges professionnelles. 
  • Option d’achat supérieure à 15 %  -> leasing opérationnel (renting) : la totalité du loyer est comptabilisée en charges, hors bilan. 

« Alors pourquoi ne pas systématiquement prendre du renting ? » 

Tout dépend de votre objectif. Si vous comptez racheter le véhicule en fin de contrat, le leasing financier est souvent plus approprié, car la somme à débourser à la levée de l’option est plus faible. Si votre priorité est de préserver votre trésorerie et votre capacité d’emprunt, le renting a l’avantage. Et si vous voulez être propriétaire dès le départ, l’achat (sur fonds propres ou à crédit) reste pertinent. 

  1. Achat de véhicule professionnel : financement sur fonds propres ou à crédit 

L’alternative au leasing, c’est l’achat direct auprès d’un concessionnaire. Vous devenez propriétaire exclusif du véhicule, sans contrainte contractuelle : vous pouvez le revendre ou l’utiliser librement. Et une fois payé, plus de mensualités. 

En contrepartie, votre entreprise doit disposer de la trésorerie nécessaire. À défaut, un crédit auto professionnel est possible, mais vous ne pourrez généralement emprunter qu’à hauteur du prix d’achat net : la TVA devra être préfinancée sur fonds propres, ce qui n’est pas le cas en leasing. Vous supporterez aussi l’ensemble des frais opérationnels (assurance, taxes, entretien, réparations), là où le renting peut les inclure dans le loyer. 

Comparatif des solutions de financement 

 Achat (fonds propres) Crédit auto Leasing financier Leasing opérationnel (renting) 
Propriétaire au bilan Oui Oui Oui (propriétaire économique) Non (hors bilan) 
Inscription au bilan Actif, amorti Actif + dette au passif Actif + dette au passif Aucune 
Impact capacité d’emprunt Aucun Réduit Réduit Préservée 
Financement sur fonds propres Totalité TVA uniquement Aucun Aucun 
Préfinancement de la TVA Oui Oui Non (étalée) Non (étalée) 
Mensualité / loyer Non Oui Oui Oui 
Frais annexes (assurance, taxe, entretien) À votre charge À votre charge Selon contrat Souvent inclus 
Option d’achat Sans objet Sans objet ≤ 15 % > 15 % (ou valeur de marché) 
Contrat résiliable Sans objet Remboursement anticipé possible Difficilement Difficilement 

Déductibilité fiscale : la réforme change tout en 2026 

C’est le point sur lequel il faut être particulièrement vigilant, car les règles ont profondément changé. Le mode de financement (achat, crédit ou leasing) n’a aucune influence sur le taux de déductibilité. Ce qui compte, c’est le type de véhicule, ses performances environnementales, et surtout la date de commande (ou de signature du contrat de leasing). 

Véhicules thermiques et hybrides : la fin programmée 

La distinction clé que beaucoup d’articles oublient : tout dépend de la date à laquelle vous commandez. 

Thermiques et hybrides commandés à partir du 1er janvier 2026 : 0 % de déductibilité, dès la première année. Il n’y a pas de régime transitoire. Un véhicule thermique neuf commandé en 2026 n’est tout simplement plus déductible. 

Thermiques commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 : ils conservent un régime transitoire dégressif, plafonné à 50 % en 2026, 25 % en 2027, puis 0 % en 2028

Autrement dit : si vous lisez cet article en envisageant l’achat d’un thermique aujourd’hui, le « 50 % » ne s’applique pas à vous (c’est zéro). Le 50 % ne concerne que les véhicules déjà commandés avant fin 2025. 

Pour un achat, c’est la date du bon de commande qui fait foi ; pour un leasing, celle de la signature du contrat. Un véhicule commandé en 2025 mais livré en 2026 reste sous le régime de 2025. 

Véhicules électriques : encore avantagés, mais le compteur tourne 

Les voitures 100 % électriques restent la meilleure option fiscale, mais leur avantage commence lui aussi à s’éroder, en fonction de la date de commande : 

  • Commande avant le 1er janvier 2027 : déductibilité de 100 %
  • Commande en 2027 : 95 %
  • Commande en 2028 : 90 % (calendrier dégressif au-delà).1 

Véhicules utilitaires : le régime préservé 

Bonne nouvelle pour les fourgons et camionnettes : les véhicules utilitaires restent déductibles à 100 % dans tous les cas, quelle que soit leur motorisation. Ils ne sont pas concernés par la réforme du verdissement. 

Et la TVA ? 

Indépendamment de tout cela, la TVA sur les frais liés au véhicule (achat, entretien, carburant, leasing) reste récupérable au prorata de l’usage professionnel, dans la limite d’un plafond légal de 50 %,  y compris pour les véhicules électriques pourtant déductibles à 100 % à l’impôt. 

Synthèse de la déductibilité (à l’impôt des sociétés) 

Type de véhicule Date de commande Déductibilité 
Thermique / hybride À partir du 01/01/2026 0 % 
Thermique / hybride 01/07/2023 – 31/12/2025 50 % (2026), 25 % (2027), 0 % (2028) 
100 % électrique Avant le 01/01/2027 100 % 
100 % électrique 2027 95 % 
100 % électrique 2028 90 % 
Utilitaire (toute motorisation) – 100 % 
Carburant fossile (tous véhicules) – 50 % max 

Le vélo ou la moto électrique d’entreprise : l’option à ne pas négliger 

Fiscalement, le vélo électrique est l’une des solutions les plus intéressantes : l’achat et les frais associés (entretien, accessoires, financement) sont déductibles à 100 %, et l’avantage est exonéré pour l’utilisateur. Une option économique et écologique pour vos collaborateurs. 

Le régime de la moto électrique est légèrement différent : les frais sont entièrement déductibles, mais l’avantage est imposable dans le chef du collaborateur qui en bénéficie. 

En résumé 

Il n’existe pas de « meilleure » formule dans l’absolu : le bon choix dépend de vos priorités. 

  • Vous voulez préserver votre capacité d’emprunt et votre trésorerie → le renting (leasing opérationnel) garde tout hors bilan. 
  • Vous comptez racheter le véhicule à terme → le leasing financier réduit la somme à payer en fin de contrat. 
  • Vous voulez être pleinement propriétaire dès le départ et disposez de la trésorerie → l’achat sur fonds propres. 

Quel que soit le financement, l’arbitrage fiscal se joue surtout sur la motorisation et la date de commande : en 2026, l’électrique (et l’utilitaire) restent les seuls vraiment avantageux. 

Le verdissement fiscal évolue vite et les conditions exactes dépendent de votre situation (usage privé/professionnel, émissions de CO₂, qualification du véhicule, TVA). Avant de signer, un avis personnalisé reste indispensable. 

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