Accueil Blog Comptabilité et factures Comment lire un bilan comptable: 5 postes à regarder absolument !

Comptabilité et factures

1 note

430 vues

Comment lire un bilan comptable: 5 postes à regarder absolument !

Frédéric Wauters Publié le 13 juin 2022 Modifié le 6 juillet 2022
Comment lire un bilan comptable : 5 postes à regarder absolument !

Nous approchons de la date à laquelle de nombreuses entreprises publient leurs comptes annuels. Mais savez-vous interpréter un bilan et un compte de résultat? Voici cinq éléments à regarder pour comprendre la situation de votre entreprise.

Chiffre d’affaires et/ou marge brute

Avant de nous pencher sur le bilan proprement dit, jetons un œil sur le compte de résultat. Comme son nom l’indique, ce document détaille le calcul du résultat de l’entreprise, c’est-à-dire de son bénéfice ou de sa perte. Ce calcul porte sur l’exercice comptable, qui dure une année. Pour de nombreuses sociétés, l’exercice comptable va du 1er janvier au 31 décembre, mais il existe des exceptions.

Penchons-nous, donc, sur le compte de résultat. Premier élément: le chiffre d’affaires. En gros, il s’agit de l’ensemble des ventes et des prestations pour lesquelles votre société a demandé ou perçu un paiement. Cette grandeur comptable manque toutefois de précision. En effet, le plus souvent, pour pouvoir fournir des services ou produire les biens qu’elle vend, une entreprise achète des matières premières, des marchandises et des prestations externes. Ces achats sont repris dans le compte de résultats sous le vocable approvisionnements et marchandises.

La différence entre le chiffre d’affaires et les approvisionnements s’appelle la marge brute d’exploitation. Elle vous donne une idée plus précise des moyens que votre entreprise a générés grâce à son activité. Voici pourquoi.

Supposons qu’en 2020, votre chiffre d’affaires s’élevait à 160 000 euros. Les approvisionnements représentaient pour leur part 20 000 euros (soit 12,5% de votre chiffre d’affaires). Votre marge brute d’exploitation s’élevait donc à 140 000 euros.

En 2021, votre chiffre d’affaires a augmenté pour atteindre 180 000 euros. Attendez toutefois avant de sabler le champagne: qu’en est-il de votre marge brute?

Ce petit exemple vous montre l’importance de comprendre les comptes annuels. Une simple analyse de votre marge brute d’exploitation vous livre en moins d’une minute un outil de réflexion sur vos performances de l’an dernier.

La variation des stocks

Pour être complet, notez qu’il faut aussi inclure dans votre calcul la variation de stock, que vous trouverez également dans le compte de résultat.

Ce chiffre essentiel permet de « neutraliser » l’augmentation ou la diminution de vos stocks de marchandises, de matières premières ou de produits finis pour vous concentrer sur la performance de votre entreprise.

Reprenons notre exemple:

  • Supposons que vos stocks contiennent 10 000 euros de marchandises de plus que l’an dernier. Avec un chiffre d’affaires de 180 000 euros, si vos approvisionnements ont coûté 30 000 euros, votre marge brute sera de 160 000 euros, et non de 150 000 euros. En effet, 10 000 euros d’approvisionnement n’ont pas servi à fournir les services ou les produits vendus, ils ont juste atterrir dans vos stocks.
  • Si vos stocks comptent 10 000 euros de marchandises de moins, et que votre chiffre d’affaires est toujours de 180 000 euros et vos approvisionnements de 30 000 euros, votre marge brute sera en réalité de 140 000 euros. En effet, outre les 30 000 euros de marchandises que vous avez achetées, vous avez également prélevé 10 000 euros dans vos stocks. Vos ventes vous ont donc coûté 40 000 euros, et non 30 000.

L’évolution de la valeur de vos stocks

Bénéfice (ou perte) d’exploitation

Bien sûr, votre entreprise doit assumer bien d’autres frais: les éventuels salaires de vos collaborateurs, le loyer de vos locaux, les primes d’assurance, les honoraires de votre comptable… Autant d’éléments que votre compte de résultat englobe sous le doux nom de services et biens divers. Elle doit également prendre en compte les amortissements, c’est-à-dire la dépréciation de ses investissements: vos machines, vos ordinateurs, vos véhicules… Retrancher ces deux éléments de la marge opérationnelle permet d’obtenir le résultat d’exploitation. Il s’agit du bénéfice ou de la perte de votre activité, avant prise en compte des intérêts payés ou reçus et des impôts et taxes. Il est essentiel que ce résultat soit un bénéfice, car cela signifie que votre activité elle-même est rentable. En tant qu’indicateur, le résultat d’exploitation a plus d’importance que le bénéfice comptable.

 

Créances commerciales

Les créances commerciales figurent à l’actif de votre bilan. Contrairement au compte de résultat, le bilan ne se concentre pas sur un exercice comptable: il reprend l’évolution des avoirs (actif) et des dettes (passif) de la société depuis sa création. Les créances commerciales représentent les factures que vos clients n’ont pas encore réglées. Il est important de surveiller ce poste, car il a une grande influence sur votre trésorerie: il s’agit d’argent dont vous ne disposez pas encore, et que vous ne pouvez donc pas utiliser pour effectuer des paiements. Plus vous avez d’impayés, moins votre trésorerie est favorable.

Un calcul intéressant est de diviser le montant des créances commerciales par votre chiffre d’affaires et de multiplier le résultat par 360: vous obtenez ainsi une estimation du délai de paiement moyen de vos clients en jours. Comparez-le à vos délais de paiement habituels: si vos clients sont censés payer à 30 jours et que votre délai moyen calculé est de 62 jours, il est temps de mettre en place une politique de gestion des créances. Vous pouvez aussi:

  • suivre ce paramètre d’année en année, pour vous faire une idée de l’évolution de votre gestion des créances
  • calculer ce paramètre client par client. Votre comptable pourra vous fournir les chiffres nécessaires. Cette analyse plus détaillée vous permettra d’identifier les bons et les mauvais payeurs.  

Notons enfin que les créances commerciales font partie d’un groupe plus large: les créances à un an au plus. Ce poste reprend tout l’argent que des tiers sont censés rembourser à votre entreprise dans l’année qui vient.

Dettes à un an au plus

Ce poste du passif du bilan représente, à l’inverse, toutes les dettes que vous devrez régler au cours de l’année. En font partie:

  • les dettes commerciales, c’est-à-dire l’argent que vous devez à vos fournisseurs;
  • les dettes financières, c’est-à-dire les remboursements en capital sur vos emprunts bancaires en cours;
  • les dettes fiscales.

Les dettes à plus d’un an sont un autre élément important de votre trésorerie. Ce sont en effet des déboursements que vous devrez effectuer, et qui viendront donc grever vos moyens financiers.

Bénéfice (ou perte) cumulé(e)

Vous trouverez ce poste au bilan de votre entreprise, tout en haut de la colonne du passif. Il représente la somme, depuis la naissance de votre entreprise:

  • des bénéfices non distribués de vos années bénéficiaires, c’est-à-dire de tous les bénéfices que vous n’avez pas reversés aux actionnaires sous forme de dividendes;
  • des pertes de vos années déficitaires.

En soi, ce montant n’indique rien de particulier, mais il est intéressant de le surveiller.

Quelques pertes cumulées peuvent être fiscalement intéressantes, car elles vous permettront de payer moins d’impôts au cours des années qui suivent. Mais si elles deviennent trop importantes par rapport au capital de votre société, vos banquiers ou des fournisseurs très attentifs pourraient considérer que votre entreprise est trop risquée et refuser de vous faire crédit ou imposer des conditions supplémentaires.

De même, un bénéfice cumulé peut vous permettre à un moment ou l’autre d’opérer une réduction de capital, ou une distribution de dividendes plus importante.

Pour analyser le bénéfice (ou la perte) cumulé(e) de votre entreprise, n’hésitez pas à avoir une conversation avec votre expert-comptable Amarris. Il pourra sûrement vous aider à analyser votre situation et vous recommander les pistes à suivre pour votre optimisation fiscale.

Besoin d’y voir plus clair ?

Consultez nos experts

Donnez nous votre avis

0/5