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Fiscalité 2026 : le point à la fin de l’année 2025

Morgane DUCHATEAU Publié le 16 décembre 2025 Modifié le 17 décembre 2025

À l’approche de la fin de l’année 2025, une question revient systématiquement chez les entrepreneurs : à quoi faut-il s’attendre fiscalement en 2026 ?
Comme chaque année, cette période est propice aux annonces, aux projets de réforme et aux débats politiques autour de la fiscalité des entreprises et des indépendants.

Mais il est important de poser le cadre dès le départ : toutes les « nouveautés fiscales 2026 » ne sont pas encore gravées dans le marbre. Certaines mesures ont déjà été votées et entreront bel et bien en vigueur l’an prochain. D’autres, en revanche, sont encore à l’état de projets, de propositions gouvernementales ou d’intentions politiques, susceptibles d’évoluer, d’être amendées… voire abandonnées.

Dans cet article, nous faisons donc le point, avec le recul et la prudence nécessaires, sur les changements fiscaux confirmés et sur les mesures envisagées qui pourraient impacter les entrepreneurs en 2026. L’objectif n’est pas de créer des certitudes prématurées, mais de vous aider à comprendre les tendances, à anticiper les impacts possibles et à préparer au mieux vos décisions de fin d’année 2025.

Parce qu’en matière fiscale, être informé à temps fait souvent toute la différence.

1. Facturation électronique obligatoire dès 2026

S’il ne fallait retenir qu’un seul changement fiscal et administratif à l’horizon 2026, ce serait sans conteste la facturation électronique obligatoire. Annoncée depuis plusieurs années, cette réforme entre désormais dans sa phase concrète : à partir du 1er janvier 2026, la majorité des entreprises belges devront émettre et recevoir leurs factures de manière électronique structurée.

Concrètement, il ne s’agira plus simplement d’envoyer un PDF par e-mail. Les factures devront transiter via une plateforme compatible avec le réseau Peppol, le standard européen retenu par la Belgique pour sécuriser, automatiser et tracer les échanges de factures entre entreprises. Être correctement équipé et connecté à ce réseau devient donc une condition indispensable pour continuer à facturer en toute conformité.

Qui est concerné ?

Sont soumis à l’obligation :

  • toutes les entreprises assujetties belges : indépendants, sociétés, ASBL assujetties, professions libérales…
  • sauf :
    • entreprises en faillite
    • assujettis au régime forfaitaire

Une facture PDF ne suffit plus : seules les factures structurées au format UBL envoyées via PEPPOL seront conformes.

Cas particuliers

  • B2C : les factures aux particuliers peuvent rester en PDF.
  • UE : les factures intracommunautaires ne doivent pas encore passer par PEPPOL.
  • Franchisés TVA : pas d’obligation d’émettre en e-facture… sauf si vous facturez des assujettis TVA (B2B).
  • Médecins & secteurs exemptés : pas d’obligation sauf pour les prestations soumises à la TVA (ex. : actes esthétiques non thérapeutiques).

Sanctions en cas de non-respect

  • 1ère infraction : 1.500 €
  • 2e infraction : 3.000 €
  • suivantes : 5.000 € chacune
    En plus : risque de non-déductibilité et majoration TVA.

👉 Comment activer son Peppol ID sur Skwarel ?
👉 La facturation électronique chez Amarris.be
👉 Revoir le webinaire sur la facturation électronique

Pour aller plus loin sur ce sujet, Pause Compta, la chaîne YouTube d’Amarris.be, consacre un épisode spécifique à la facturation électronique. Dans un format court et accessible, nous y expliquons concrètement ce que recouvre cette obligation, ce qui change par rapport aux pratiques actuelles et comment les entrepreneurs peuvent s’y préparer sans stress.

2. Voitures de société : fin progressive de la déductibilité des véhicules thermiques

La fiscalité des voitures de société poursuit sa profonde transformation, avec un objectif clair des pouvoirs publics : sortir progressivement des véhicules thermiques et hybrides au profit de solutions à faibles ou zéro émission. À l’approche de 2026, cette réforme entre dans une phase déterminante, avec des impacts directs sur les décisions d’achat, de renouvellement ou de conservation des véhicules en entreprise.

La fin de l’année 2025 constitue à cet égard un véritable moment charnière. Selon la date d’acquisition du véhicule et son type de motorisation, les règles de déductibilité fiscale peuvent varier fortement et produire des effets à long terme. Les choix effectués aujourd’hui continueront en effet à produire leurs conséquences fiscales pendant plusieurs années.

Dans ce contexte, il est essentiel de bien distinguer les régimes applicables aux véhicules thermiques, hybrides et électriques, ainsi que les échéances clés à avoir en tête. Faisons le point sur les règles en vigueur et celles qui s’annoncent pour 2026 et au-delà.

Pour les véhicules avec émission de CO2

Le taux de déductibilité des voitures thermiques et hybrides est calculé sur base du type de carburant utilisé et du taux d’émission de C02. Pour les voitures acquises entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025, la formule est toujours d’application mais le pourcentage de déduction sera plafonné avec un maximum de 75% pour l’année 2025, 50% pour l’année 2026, 25% pour l’année 2027 et 0% pour 2028.

Les véhicules hybrides suivent les mêmes règles de calcul que les véhicules 100% thermiques. Cependant, la déduction des frais de carburant est limitée à 50% dans le but de favoriser l’utilisation du moteur électrique.

Les véhicules thermiques et hybrides acquis à partir du 1er janvier 2026 ne seront, quant à eux, plus déductibles à titre de frais professionnels.

Pour les véhicules sans émission de CO2

Les véhicules électriques achetés jusqu’au 31/12/2026 restent entièrement déductibles.

Pour les véhicules achetés à partir du 01/01/2027, le taux de déductibilité sera dégressif et restera le même durant toute la durée d’utilisation du véhicule.

Tableau récapitulatif du pourcentage de déductibilité

3. Chèques-repas : plafond porté à 10€ en 2026

À partir du 1er janvier 2026, le plafond des chèques-repas pourrait être relevé de 8 à 10 euros par jour travaillé. L’objectif affiché par le gouvernement fédéral est clair : renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs.

Cette augmentation offre de nouvelles possibilités pour les employeurs, mais elle n’est pas automatique : vos collaborateurs ne recevront pas nécessairement plus de chèques-repas dès 2026. La décision de verser un montant supérieur dépendra des accords sectoriels en vigueur ou de vos choix propres au sein de l’entreprise.

Avant de prendre toute décision, il est donc conseillé d’attendre les négociations sectorielles afin d’éviter des compléments successifs. Sur le plan fiscal, les employeurs pourront bénéficier d’une déduction supplémentaire pour la part dépassant le plafond actuel, ce qui peut rendre cette augmentation intéressante à la fois pour les salariés et pour l’entreprise.

Qu’en est-il de la fiscalité ?

Le fisc continue de payer une partie de la facture. Aujourd’hui, les employeurs peuvent déduire fiscalement 2 euros par chèque. Ceux qui porteront effectivement le montant à plus de 8 euros à partir de 2026 bénéficieront d’une déduction supplémentaire de 2 euros. Remarque : seules les augmentations supérieures au plafond actuel de 8 euros seront prises en compte. Le passage de 6 à 8 euros n’apporte donc aucun avantage supplémentaire.

4. Dividendes VVPR-Bis et réserve de liquidation : ce que l’on sait pour 2026

Les contours de la réforme fiscale concernant les dividendes VVPR-Bis et les réserves de liquidation commencent doucement à se préciser, même si la loi n’a pas encore été votée. Voici l’état des lieux à ce jour :

Dividendes VVPR-Bis

  • La loi devrait être votée en janvier ou février 2026.
  • Les dividendes VVPR-Bis distribués avant l’adoption de la loi continueront d’être imposés à 15 %.
  • Ceux distribués après le vote de la loi seront soumis à un taux de 18 %.
  • L’instant clé à retenir est donc la promulgation de la loi, qui déterminera le taux applicable.

Réserves de liquidation

  • Les anciennes réserves de liquidation continueront de bénéficier de l’ancien régime, avec un supplément de 6,5 % ou 5 % selon le délai de maintien.
  • Seules les nouvelles réserves de liquidation constituées après 2026 seront concernées par l’augmentation du taux de supplément, qui passera à 9,80 %.

En résumé, même si certaines mesures sont déjà annoncées, la publication officielle de la loi début 2026 sera le moment décisif pour confirmer les règles applicables. Les entreprises disposent donc encore d’un peu de temps pour se préparer et ajuster leur stratégie de distribution.

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